IMG_4656

Avant d’avoir des enfants, je savais qu’en société, certains sujets comme la politique ou la religion étaient à proscrire à tout prix, afin de préserver une illusion de paix sociale.
En devenant maman, je découvre un éventail beaucoup plus large de ces sujets ultra sensibles pratiquement tabous. La vaccination en est un, je vous l’épargne, car en même temps, je suis très partagée sur le sujet. Mais il y a aussi l’allaitement. Comment ça ? L’ensemble de la société, professionnels de santé, politiques, proches, familles, amis, tous s’accordent pourtant à vanter les mérites de l’allaitement sur nos bambins, non ?

Dès la grossesse, la pression se fait même sentir :
« Et tu vas l’allaiter ? » « …euh, oui évidemment ! » Ouf… bonne réponse !
Dès la maternité, les mamans qui osent affirmer qu’elle n’allaiteront pas sont d’ailleurs fustigées, bannies, montrées du doigt, y compris par les puéricultrices ou les sage-femmes : quoi, vous ne souhaitez pas offrir le meilleur à votre bébé ?!

Parce que soit dit en passant, on nous fait croire que c’est naturel pour une maman de donner son lait à son tout-petit… Moi, je n’y ai rien vu de très évident. Entre la montée de lait hyper douloureuse, les engorgements, ou les crevasses qui m’ont faite pleurer de douleur à chaque tétée pendant trois semaines pour Perlinette et deux semaines pour Perlinou, il m’en a fallu du courage… Bref, fin de la parenthèse.

C’est d’ailleurs derrière cette image idyllique que jusqu’au 6 mois de votre bébé, vous êtes une mère nourricière idéale, digne de votre enfant. C’est bien, d’allaiter.

En revanche, aux alentours des 12 mois de votre chérubin, là, vous commencez à voir deux types de réactions se manifester (alors que vous n’avez, par ailleurs, rien demandé…). Ceux qui comprennent, qui sourient et qui partagent, parce que oui, il n’y a rien d’anormal à allaiter son bébé de 1 an. Et puis, il y a ceux qui soit ne disent rien mais n’en pensent pas moins, soit osent un commentaire, une réflexion. Et là ça devient désagréable. Ce choix est intime. Il n’appartient qu’à la maman et son bébé. Même le Papa est un peu out of scope.

…Il se fait que Perlinou approche doucement des 17 mois. Et depuis à peu près six mois, je sens les regards changer sur nous deux. J’ai encore le « Et, elle compte le sevrer quand ? » de belle-maman en travers de la gorge.  Ou la réflexion d’une maman de l’école : « Tu sais qu’un jour il va falloir arrêter ??!! » L’air de dire c’est pas bien normal tout ça ! Même le médecin du travail m’a suggéré d’éviter d’en parler dans mon milieu professionnel : « Il ne faudrait pas que cela se retourne contre vous », il en a trop vu, pour moins que ça, alors chut…

Hum… J’ai parfois des envies d’expatriation en Suède ou en Norvège… Ou chez les Inuits, il paraît que les enfants tètent jusqu’à 8 ans. Non mais, sérieusement, pourquoi autant d’hypocrisie ?! On nage en plein paradoxe… Je ne vais quand même pas me cacher pour donner mon lait à mon bébé, alors qu’il y a 17 mois, c’était la pression inverse qui s’exerçait sur moi ?! Alors, oui, j’allaite encore et cela ne regarde que moi. Mon bébé est équilibré, moi aussi, et nous allons très bien, merci !

« L’allaitement exclusif au sein est recommandé jusqu’à l’âge de six mois. De six mois à deux ans, voire plus, l’allaitement doit être complété par une autre alimentation. »

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’Organisation Mondiale de la Santé ! A bon entendeur !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *